Twitter ou Facebook : l'exode a commencé ?

Saturation, procrastination : l'infobésité signera la fin du micro-blogging ?

Un petit billet dans l'air du temps mauvais, des vents qui changent et d'un petit je ne sais trop quoi que l'on sent frémir dans l'air. Alors que la perpétuelle bonne santé des blogs s'affiche sur tous les écrans à longueur de pixels, la lassitude semble gagner les réseaux sociaux. Certains statuts transpirent l'ennui poussif, d'autres s'exilent avec fracas.

Le fait que beaucoup de professionnels du web ou apprentis chiffonniers numériques s'y exercent à longueur de timeline a probablement du peser. Invitations à aimer ceci et cela, partage de sujets insignifiants, répétition lassante des mêmes sujets, le tout baigné dans une addiction édifiante que l'on peine à assumer pleinement. Matraquage et chronophage ne riment plus avec partage.

J'aime le soleil. Like si toi aussi tu aimes

Pour les auteurs numériques plus inspirés, la blogosphère est le lieu privilégié où s'épanouissent les conversations. On a souvent glosé ici ou là, ces trois bonnes dernières années, sur le glissement des commentaires vers Facebook où l'engagement est à priori plus facile. Parmi les utilisateurs les plus acquis à cet usage, la frustration de ne pas pouvoir utiliser un bouton "ne pas aimer" est à lui seul un sujet qui a longtemps effleuré les esprits. Il est vrai que ces réseaux sociaux et leurs fonctionnements propres (hashtags et likes) sont en réalité des carcans. C'est aussi cette simplicité qui fait que, progressivement, les entreprises soignent leur réputation via ces réseaux et abandonnent la tenue d'un blog pro ...

Et si les internautes étaient tous devenus des blogueurs en devenir ?

C'est une petite réflexion qui m'est venue hier en fin de journée alors que j'écoutais une blogueuse de la première heure me demander des conseils pour le référencement de son tout nouveau bébé blog adoré. Thématique pointue parfum littérature. Comme à mon habitude j'ai voulu cerner la problématique et les enjeux qui étaient présent pour cette optimisation. Oui : elle était prête à payer un audit et une véritable prestation de référencement organique aux petits oignons pour le seul plaisir de rendre son blog populaire. Parce que, à ses yeux, Facebook ce n'est pas la liberté.

C'est peut être là que réside la magie de ce que nous vivons ces temps derniers ; les gens ont appris à prendre le pouvoir sur le web. Nous les croisions parfois autrefois, au détour d'un clic hasardeux, venir nous lire en silence, repartant sans mot dire. Maintenant ils ont un tout autre état d'esprit ; l'internaute lambda est décomplexé et il souhaite bloguer, discuter, partager.

A force de taper des kilomètres de textes ici et là pour satisfaire son besoin d'imposer sa personnalité, il a pris l'habitude de prendre le clavier et de donner son avis. Il n'est pas improbable de penser un jour que toute cette belle prose pourrait prendre la forme d'un blog ...

Un indice de cette tendance me semble important à souligner, histoire d'enfoncer mon clou tout en finesse : la différenciation. Comme référenceur pro, j'ai une très belle situation pour voir le paysage économique du web francophone, baignant dans ces projets et ambitions depuis une bonne dizaine d'années. Une chose est souvent présente : les gens ont une personnalité unique et souhaitent la véhiculer à travers leur présence sur le web. Inutile d'essayer de les décourager en leur disant que défier Amazon sera compliqué : ils sont différents. Ils veulent lancer leur projet, leur blog, leur idée. Ils se démarquent des marques, se forgent puis instituent leur propre personnalité numérique.

Un esprit, une manière de penser le monde, un regard, des approches audacieuses, inédites. De très bons ingrédients pour raconter des histoires. L'occasion de bloguer enfin, loin du cadre feutré des amis trop sûrs, pour se lancer dans l'arène de la conversation populaire ; fébrile et imprévisible. Des histoires que l'on souhaite plus longue qu'une poignée de mots, et plus discutées qu'un petit frisson de pouces levés ...


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