A l'impossible, nul n'est contenu !

Plus Internet grandit, plus le bruit de fond d'une certaine manière de recopier sans fin les articles des uns et surtout des autres se perpétue. Une tendance décomplexée poussée par d'apprentis SEO qui passe son temps à hurler que le contenu est roi, sans apporter le moindre iota de contenus. Pourquoi ?

Car le copier/coller est un automatisme simple et donc voué à l'usage intensif. Et que l'ère numérique, les MP3 en savent quelques choses, c'est la propagation à grande échelle de nouvelles pratiques, qui vont beaucoup plus vite (les MP4, vous connaissez ?) que la technique pure.

Seulement voilà, ce billet (inspiré par la lecture de ce petit rappel un peu teinté de listoïte aigue) partait de l'envie d'enfoncer le clou encore plus fort, afin que les choses soient fixées une bonne fois pour toutes. Oui, le contenu est roi. Seulement, ce n'est pas une expression à l'emporte pièce à donner en pâture au client ou aux amis comme on leur sert du web 2.0 en pleines brouettes de logos roses à reflets. Non, c'est une réalité, difficile et douloureuse, complexe et délicate. L'écriture web se doit d'être dans un camps ou un autre. Les professionnels d'une part, les bloggeurs d'autre part. La question étant : pourquoi les bloggeurs veulent absolument copier les professionnels en créant des contenus dont le fond est identique mais la forme, dégradée ?

Sortons les pincettes !

Attention, terrain miné. La critique sur la liberté de ton des bloggeurs, leur pratique quotidienne, leur apport à l'édifice du média tentaculaire que respire maintenant le web francophone, toutes ces choses, il ne faut pas toucher. Expliquons alors. N'importe qui pourra constater et avouer que certains blogs ou sites présentent une information redondante, sans intérêt, et parfois même faussée par simple ignorance. Ne critiquons pas cette ignorance : le blogueur en tant que relais n'a pas les moyens financiers et techniques d'une rédaction de savoir réellement si ce qu'il dit est vrai.

Mais passons sur cette question de la sûreté des sources, Wikipedia étant bien le paroxysme de cet état de fait, rien n'est moins sûr que ce qui est sûr de ne pas être certain. La vraie question est donc : pourquoi une grande part de bloggeurs ne parlent systématiquement que des mêmes choses, cherchent à parler des mêmes choses, font de la veille pour parler de ce qui sera le plus populaire, et lisent même des centaines de méthodes pseudo marketing pour optimiser ceci, ajouter tel widget pour l'expérience utilisateur (sic), et autres jubilations de pixels. La réponse, c'est la satisfaction de faire quelque chose de ses dix doigts, de satisfaire son ego, et pourquoi pas de toucher un peu avec des revenus Adsense. Pourtant, la grande majorité des revenus possibles n'est à envisager qu'en créant de la qualité : revenus pour son estime perso (j'ai écrit un super article, fierté) et revenus en devises trébuchantes ou non. Le domaine du blogging ayant 3 canaux de diffusion bien distincts : le fond (de quoi on parle), la forme (comment on en parle), et le contenant (les widgets et sytèmes mis en place pour augmenter le trafic sans rapport avec le contenu). C'est en quelque sorte la partie tuning. Passons maintenant sous le capot.

Google et les widgeteurs

Algorithme terrible qui fait fantasmer tous les référenceurs, les calculs effectué par Google pour classer le web mondial sont remis à jour en temps réel. C'est à dire à chaque fois qu'un ingénieur n'est pas à la machine à Smarties et qu'il a validé un nouveau patch pour améliorer l'usine. Une des dernières nouvelles jetée comme des miettes à la populace SEO au travers d'un blog un brin lénifiant, c'est que l'algo de Google ne donne plus de bons points (ou pondère un peu plus) sur les urls réécrites. Si on veut bien faire le tour des solutions "abusives" d'optimiser un site, on se rend compte très vite qu'il n'y en a donc quasi plus aucune. Gonfler de mots clés les descriptions : exit les descriptions. Suroptimiser des adresses : exit les adresses. Les trackbacks automatiques, les liens achetés, les blogrolls de courtisans, les échanges arrangés : exit les liens croisés. Quand le spam par images via la balise alt aura déferlé dans notre HTML, quand tout aura été tenté, il ne restera plus qu'un élément qui fera la différence. Le contenu !

Le contenu, c'est quoi ?

Le contenu c'est simplement du texte, un peu comme celui que je vous tape à l'instant. Plus il sera original, c'est à dire plus ce sera le fruit de votre réflexion et de votre style, plus il apportera du trafic. Ah, du trafic ? Un trafic qui a déjà été maintes fois montré dans les manuels de petits marketeurs en herbe : le trafic issu de la longue traîne. Ou Long tail pour les anglophiles. Cette longue traîne issée en idée géniale il y a bien cela deux ans sur le web francophone avait fait saliver les webmasters de tous poils désireux de faire du trafic. Son principe : les clients et visiteurs (lecteurs) les plus nombreux proviennent de la somme des petites recherches web. Autrement dit : se focaliser sur deux mots clé est coûteux et difficile, autant permettre des sites webs à "plusieurs entrées".

Quelques bons mois après avoir lu ici et là la révolution longtailienne expliquée en travers et même en long, qu'en est il advenu ? Pas grand chose. Des digg-likes pervertis, et pas vraiment de grande amélioration des contenus, y compris dans la part des bloggeurs et webmasters attirés par le trafic sans passion. Car c'est probablement un des ingrédients moteur de l'écriture, de la transmission (et donc la fidélisation pour parler marketing pompeux), la personnalité et la passion. Beaucoup de gens se sont soudain passionnés pour les jeux olympiques derniers ! Les hangars à Adsense ont encore de beaux jours devants eux, mais les hyperliens sont en train de les lâcher. Seul le verbe restera. Car au commencement, était le verbe !