Monsieur Météo : The Weather Man

Qui d'entre nous ne s'est jamais posé la question de savoir qui se cache derrière les prédicateurs agités de la sphère cathodique ? Vous ? Non, pas vous, ce n'est pas possible. Derrière les Madame et Monsieur Météo, il y a donc des vies ...

Mal fichues parfois, malgré les éclats nuageux d'une gloire cachetée en milliers de devises. Nicolas Cage est ce Monsieur Météo au sourire ultrabrite et aux gestes d'épouvantail. L'orage gronde sur sa vie, les averses alternent les éclaircies, mais le film ne parle pas le moins du monde de la météo. Le récit de The Weather Man déroule sous nos yeux les facettes facétieuses d'un personnage public obsédé par une réussite complète qu'il n'atteint jamais.

Et le pire, c'est que l'on pouffe. De cette tranche de vie savoureuse, un peu épaisse dans son trait. Dave Spritz est quelque chose comme un gagneur gagné par la rengaine, un winner miné, une star sans treck. Il ne fait pas grand chose, présente son bulletin météo, et gagne des dollars faciles en un temps infime. Que demande le peuple ? Rien, juste lui envoyer de temps à autres des reliefs de fast-food en pleine poire. Car The Weather Man est un film qui flirte avec l'intelligence et la morale, comme pour montrer du doigt des situations sur lesquelles méditer. Le succès rend-il con ? Qui est on en passant à la télé ? Pourquoi des salaires mirobolants dans certains médias ? Quel temps fera-t-il demain ? Autant de questions abordées l'espace d'une demi-seconde dans The Weather Man. Puis abandonnées pour un jeu un peu tiède d'un Nicolas Cage ahuri. « A-t-on jamais vu une comédie noire si noire et si comique ? » s'exclame Télérama.

Mais moi, pas trop. Le film est gentillet et sans prétentions apparentes. Nicolas Cage, qui exhale en son air blasé toute la lassitude de ce monde civilisé, semble perdu. Son personnage se veut dépassé par les évènements, avec la bonhomie continuelle de la voix off qui égrène péniblement des commentaires (narratifs, certes) ni noirs ni comiques. Quant à la morale, elle pointe son nez en fin de récit, avec l'apparence d'un bilan de carrière qui s'achève en queue de poisson.