Le rire de l'ogre

Plonger au cœur d'un conte, c'est ce à quoi vous vous attendez ? L'horreur est toujours présente lorsque l'on y repense, il faut juste, ne pas l'oublier. C'est au travers de la curiosité d'un enfant de 16 ans que nos yeux partageront l'Histoire, le secret, le silence, la douleur ...

« Tout une vie qu'il va falloir mourir, tout une mort qu'il va falloir vivre». Un unique livre, trois univers réunis dans un seul et même déboire : l'horreur de la mémoire, cette même abjection qu'est la vérité.

Deux histoires si différentes s'enchevêtrent, deux époques s'entrechoquent, sans jamais se diviser. Époque troublante, choquante, envahissante et récit si léger presque naïf d'un enfant viennent se superposer en quinconce comme pour vous rappeler que la puissance des mots peut aussi, après vous avoir laissé rêveur, vous envahir d'un mal être nauséabond. Excursions, exécutions ... Kehlstein, Kramanetsk. Récit atroce de guerre, récit brûlant d'amour, autant de contrastes que la vie nous réserve lorsqu'il nous est donné de la vivre sans survivre et en ouvrant les yeux. Après s'être suffisamment torturé, Paul Marleau, tel un Narcisse épris d'amour ou un Goldmun avide de découvertes va capturer le temps, le dévorer, le mettre en forme : de pierre ou de papier à l'aide de son burin ou de sa plume, peu importe. Puis il y a Jeanne la voluptueuse, Clara l'indomptable, qui appartiennent au présent et dont seules quelques bribes parsèment sa vie. Insoumise Clara et si désirable, si désemparée, qui lui tourne la tête à chaque apparition, tel un manège ne s'arrêtant jamais, un fantôme de chairs et de souvenirs. Une existence peuplée de rencontres, comme chaque versant de vie d'un être si ordinaire découleront sur un voyage parsemé de rêves, d'ambitions, d'amertumes et d'amour, une remise en question de l'artiste, une vie en quelques sortes.