Interview : le référencement selon Keeg

Un camarade blogueur que je suis depuis un bout de temps ...

Et si j'ai voulu lui poser quelques questions sur son parcours, c'est qu'en le voyant évoluer dans la blogosphère depuis plusieurs mois, son profil indique clairement qu'il est tombé du coté obscur de la force. Chez lui, point de leçons marketing à la sauce community manager, mais une vraie plongée dans les réflexions et turpitudes du référenceur qui prend de la bouteille. De l'art du glissement progressif d'une thématique high-tech à un univers furieusement plus délicat tissé de textes et de liens. Fervent défenseur des illustrations à base de poney, il distille ses avis et commentaires avec un ton finement désinvolte qui fait plaisir à lire. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il écrit ma foi fort bien ! Interview ...

Qui est Keeg ? C'est quoi ton parcours ?

Derrière Keeg se cache en réalité un vrai nom, et ouais : Alexandre Santoni. Mon parcours est assez simple. J'ai toujours suivi une ligne droite sans pour autant bouger de ma ville du sud de la France. J'ai d'ailleurs plus l'impression d'être en Bretagne en ce moment vu le temps, mais on fait avec. J'ai créé une SARL un beau jour de 2007. Il devait peut-être faire aussi moche qu'aujourd'hui. C'était le point de départ d'une belle aventure. J'ai fait des bricoles à droite et à gauche de 2007 à 2009 . Pourquoi ? Parce que j'étais étudiant pendant ces années-là. C'est à la fin de mon Master 2 (Ecole supérieure d'audiovisuel, option Infographie Multimédia) que j'ai commencé à travailler « à plein temps » dans tout ce que peut proposer une agence de communication multimédia. Entre tout ça, je me suis intéressé au référencement pour en être là où j'en suis aujourd'hui : beaucoup de référencement ...

Comment tu es tombé dans l'univers impitoyable du référencement ?

On va essayer de remonter dans les souvenirs... euh... en faisant un site ! Le premier « vrai » site que j'ai fait pour une connaissance m'a fait relever toutes ces interrogations. C'était le point de départ. J'ai, quelques temps plus tard, fait un blog multi-thématiques qui m'a permis de comprendre de vraies problématiques : contenu, positionnement, visites.

Mais c'est encore plus tard que j'ai complètement sorti mon chapeau avec Keeg, qui était à ses débuts un blog « nouvelle technologie ». J'ai décidé de n'en faire qu'un blog SEO et de pratiquer plutôt intensivement à côté. Cette montée en régime continue encore aujourd'hui sur le plan professionnel.

A partir de quel moment ton chapeau est devenu plus sombre ?

Plus on avance dans le temps, plus il s’assombrit pour la simple raison que je vais de plus en plus loin. Je n'ai pas terminé d'avancer sur ce point là et j'espère très sincèrement qu'il y aura toujours de quoi avancer. Tout cela a été et est très progressif pour moi. Je pense que c'est la meilleure des manières pour être le plus performant.

Aujourd'hui, on croise des mecs qui ne savent pas ce que signifient les initiales SEO et qui veulent déjà bosser sur du soft en appuyant sur start tout en fumant un cigare. Je ne caricature absolument pas. Ils se plantent et se planteront.

Le panda vorace a déjà grignoté quelques bambous dans ton jardin ?

C'est un peu le flou artistique en ce moment. Des sites US se sont ramassés une chute de trafic digne de 1929. Certains ont récupéré ce trafic. En France, j'ai l'impression que personne ne sait si le Panda est véritablement lâché. Je note plus globalement que c'est le flou artistique chez Google en ce moment : Panda, changement d'interface, suppression de la roue magique, deux mises à jour successives du PageRank ... Je passe entre les gouttes. Tous avec moi : prions Larry Christ et Jesus Brin mes enfants.

D'où vient l'envie de partager ton expérience SEO ? N'est-ce pas scier sa branche de raconter son expertise sur un blog ?

J'ai toujours eu envie de partager et d'échanger. La nature de l'homme est faite pour. Ce doit être pour ça que je réponds à cette interview tout en mettant en pause les tâches propres à mon boulot. Il n'y a rien de mieux que de partager un savoir tel qu'il soit.

Ensuite, tout est une question de limite. Je pense qu'il y a certains sujets ou points sensibles qu'il ne faut pas forcément partager. C'est là où ça devient compliqué de trancher entre un partage qualitatif de haut niveau tout en évitant d'aller vraiment trop loin. Cet intervalle là est très précis. C'est une des raisons qui me pousse aujourd'hui à écrire moins qu'avant, volontairement et involontairement. C'est possible que je scie quelques branches en partageant mon expertise. Mais c'est justement en amenant cette expertise que mes arbres poussent.

Une des notions fondamentales du référencement, c'est la gestion du temps : c'est comment une journée-type à la sauce Keeg ?

Trêve d'humour (ou pas). Entre tout ça, je travaille pour mes sites et pour ceux de mes clients. Je m'organise comme je le souhaite, donc j'alterne entre stratégies prédéfinies et envies du moment selon les besoins. Mon seul objectif est de me positionner tout en haut et j'y mets les moyens.

Une requête dont tu es super fier à nous montrer ?

Carrément ! J'ai réussi à positionner dans les premières pages ton site sur « Je me fume un café » si on le met entre guillemet. C'est de la magie, ne cherchez pas plus loin.

L'arrivée de Google+ dans nos horizons SEO, ça t'inspire quoi ?

Ça m’inspire des liens Dofollow en plus !

Les réseaux sociaux ne sont-ils pas en train d'éloigner les gens du search pur et dur ?

J'ai envie de te répondre en partie « oui ». D'un côté, il me semble avoir vu dernièrement une statistique qui montrait que le nombre de recherches par internaute était en légère baisse, peut-être en partie à cause des réseaux sociaux. De l'autre, le search par formulaire sera encore pour longtemps la base pour trouver l'information qu'on désire, et non celle qui nous tombe dessus.

Si je te propose de placer une chouette ancre là tout de suite maintenant dans ta réponse, tu me réponds quoi ?

Vas-y, tente bafa sur www.bafa-formation.com pour voir ?

Finalement, c'est qui le vrai boss : les liens ou le contenu ?

J'ai longtemps été persuadé que le vrai boss, c'était le netlink. L'un ne marche cependant pas sans l'autre, c'est évident. J'ai des exemples qui nous montrent qu'on peut aussi avoir de très bons résultats en bossant quasiment uniquement sur le contenu. Tu en es un peu la preuve avec ce site finalement non ?

Ça ne m'empêche pas de rester un grand adepte du lien, bien au contraire. (Créer du contenu, ça sert à mettre un lien au milieu, non ?)