Cyril Belange : interview !

Rencontre avec un ami des mots, blogueur et interprète pro ...

Aujourd’hui, tu te présentes comme interprète de conférence, animateur d’ateliers d’écriture et blogueur mais par quoi as-tu commencé ?

J’ai débuté par la traduction écrite et le sous-titrage en fait. J’ai eu la chance de participer au Programme ERASMUS en Angleterre avant d’intégrer l’Institut de Traducteurs et d’Interprètes de Strasbourg où je me suis rapidement spécialisé en sous-titrage parce que cela m’attirait bien plus que la traduction juridique ou médicale. J’ai fait quelques stages dans l’audiovisuel où j’ai découvert et apprécié le travail des ingé son d’Arte entre autres. Par la suite, on m’a confié mes premiers longs métrages à sous-titrer à Titra Film Genève et la boucle était bouclée.

Comment ça ?

En fait, les premiers films que j’ai adaptés pour la Suisse romande étaient des adaptations de comics comme Punisher ou Hellboy et c’est un peu comme ça que j’ai progressé en anglais quand j’étais au lycée parce que le programme scolaire ne me motivait pas des masses. Adolescent, j’ai baigné dans cet univers de super héros et cela m’a bien aidé quand j’ai démarré le sous-titrage car j’avais très peu de temps pour visionner le film, étudier le script, traduire, puis caler les textes sans dépasser le nombre de caractères imparti. Parfois, j’avais moins de 5 jours pour un film de 2h.

Tu sembles habitué aux urgences, non ?

Je l’étais à mes débuts en traduction écrite avec des rapports annuels de grands groupes financiers à boucler en 48h, ce genre de défi. Aujourd’hui, les urgences sont d’un autre ordre. Potasser la doc nécessaire pour une bonne prestation d’interprétation simultanée moins de 48h avant la conférence ou l’étude de marché. Là oui, on peut parler de montée d’adrénaline. A la veille de l’EURO2016, le client final a modifié 1/3 de sa présentation PowerPoint une heure avant le top départ. Donc oui on peut dire qu’interprétation rime avec improvisation, pas seulement avec perfection.

Comment on se prépare à une mission d’interprétation ?

On assimile un maximum d’éléments sur les intervenants, le domaine, le sujet abordé et surtout sur le message que les organisateurs de l’événements veulent délivrer. Ces derniers temps, je recherche en particulier des vidéos des intervenants que je vais interpréter pour trouver le bon tempo, de prendre connaissance de l’accent. Je redoute l’accent écossais et indien qui réservent parfois de sacrées surprises, même avec une bonne préparation. Plus sérieusement, il faut noter la terminologie exacte qui servira le jour J, se l’approprier pour qu’elle vienne aisément à l’esprit au moment opportun.

Es-tu inquiet du développement de logiciels d’interprétation simultanée ?

Non, pas vraiment. Ces programmes ne sont pas encore tout à fait au point même si Skype et Microsoft les font progresser rapidement. Ensuite, les exigences de l’interprétation simultanée de conférences sur les smart cities par exemple, ou le développement durable font que pour l’instant, les robots n’arrivent pas saisir les finesses des conférenciers, surtout lorsque ces derniers se risquent à faire de l’humour. Comme on dit l’humour voyage mal, surtout mâché et régurgité par google traduction !

Tu as parlé d’écriture et de blogging en début d’interview tu nous en dit un mot ?

Oui avec plaisir, depuis 1 an j’anime des ateliers d’écriture créative dans les espaces de coworking les satellites et la belle verte, je propose des consignes d’écriture simples pour que l’écriture devienne un jeu, un plaisir et surtout rendre ça accessible à tous.

Ma consigne du moment, fais ta liste de courses au dos d’une enveloppe exactement comme si tu allais au supermarché, et ensuite utilise les trucs à acheter pour raconter une histoire originale qui ne tournera pas exclusivement autour de la préparation d’un repas, sinon c’est trop facile.

Le blogging me permet de revenir sur mes activités d’interprète, mes débuts dans le sous-titrage et aussi de relater mes expériences en ateliers d’écriture. D’ailleurs, j’aborde cela comme une contrainte d’écriture : 1h de rédaction, des mots à caser absolument dans le texte (mots-clés) et surtout faire preuve de créativité.