Jacques Delwitte, Little White Jack [BD]

Rock'n'Love

Chronique d'une bédé pleine d'une musique à vivre. Entre les guitares et le temps, le passé et les cordes tissent une histoire forte à défriser les pupilles. Limpide comme un rock.

C'est bizarre comme les histoires de Max me font de l'effet. Elles ont toujours cette mélancolie douce teintée d'humanité. De simple tendresse, de fragilité nue venue se blottir sous les draps du rire, de la légère malice.

Cet auteur là me touche à chaque fois avec la grâce d'un hippocampe à l'horizon d'une nuit lunaire. C'est vous dire.

Tout ceci n'est peut-être pas une fiction, comme on dit là où il fait beau plusieurs fois par jour. Une chemise à carreaux, une casquette de yankee vissée sur la tête, une barbe blanche : voici notre héros, Little White Jack !

BD Jacques Delwitte, Little White Jack de Max de Radiguès

Déjà rudement séduit par son précédent ouvrage Antti Brysselissä dont je vous parlais ici, c'est à l'occasion de mes 37 printemps (déjà !) que j'ai entamé la lecture de ce nouvel opus visuel. Avec impatience, il faut bien l'écrire.

Traits légers mais affirmés, la ligne claire de Max me fait penser, je ne saurai dire pourquoi exactement, à celle d'un éternel étudiant, un baroudeur de l'esprit toujours en éveil. Il y a quelque chose de suspendu, un rythme lent, et comme un swing permanent entre les cases.

Oui, une rythmique sobrement tranquille contrastant joliment avec l'agitation ambiante de nos sociétés en apnée permanente.

Prendre le temps de voir, tourner les pages, savourer une histoire où l'intrigue se glisse sans hurler gare, avec la belle affirmation d'une réalité sans fards.

Le cadre de l'histoire que voilà, c'est Bruxelles l'improbable, l'Amérique du rock'n'roll, un studio d'enregistrement bouillonnant d'envies, et l'amour aussi, beaucoup.

Avec leurs regards et souvent leurs grands yeux (féminins) plein de vie, les personnages brossés par Max sont attachants. Beaucoup, et sans paillettes.

Chaleureusement humain par delà la fausse neutralité du noir et blanc. Ou plutôt : le jaune entre moutarde bio et sépia light, vieilli, contrastant les blancs et donnant une patine vintage aux images. Un filtre jauni qui donne de la chaleur aux aplats, du relief aux visages, des ombres étonnantes. Pour laisser place à l'imaginaire dans les interstices où l'on rêverait du bleu.

Les couleurs de ces bandes dessinées se font dans la tête, celle du lecteur embarquant pour les contes simples et tendres de l'auteur. Le passé, lui, se pare ici des tons de taupes.

L'épaisseur du vécu, de la juste musique de l'histoire vraie, c'est peut-être ça le secret de cette magie qui opère à chacun de mes voyages.

En ces pages édités par les laboratoires graphiques de l'Employé du moi, l'épopée simple des tourments personnels prend l'allure d'une cure de bonheur. Avec des bières aussi, pour faire bonne mesure.

Des dessins qui ont l'élégante modestie de nous rappeler que tous les jours, par delà les amertumes ou les désillusions, la vie continue.

Jacques Delwitte, Little White Jack (2008) de Max de Radiguès

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Auteur : Simon Tripnaux

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1 avis pour le moment

Pauline 

En tous cas, tu me donnes super envie de le lire !

Vive le rock, vive la Belgique, vive la bière !!! ;-)

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