Démineurs

Photo : Démineurs

Alors que le géant Avatar faisait figure de favori aux oscars, c’est donc Démineurs de Kathryn Bigelow qui aura raflé les prestigieuses récompenses de meilleur film et meilleur réalisateur, lors de la cérémonie du 7 mars dernier. L’occasion de revenir sur un film étonnant, instinctif et physique, mais aussi porteur d’un propos remuant sur le rapport de l’homme à la mort et la violence.

Toujours très dynamique à explorer l’actualité de son pays, le cinéma américain s’est déjà penché à de nombreuses reprises sur le conflit en Irak, que ce soit à travers le Redacted de Brian De Palma, Dans la vallée d’Elah de Paul Haggis … ou donc ce Démineurs, dont le scénario est on ne peut plus simple : il se résume à son titre. Le film suit le quotidien à Bagdad d’une équipe d’hommes dont la mission est de désamorcer des bombes. Chaque seconde de leur travail est un pas-de-deux avec la mort, à chaque instant ces hommes risquent de sauter avec ce qu’ils manipulent.

On pouvait se demander si une cinéaste telle que Kathryn Bigelow, spécialisée dans l’action, était vraiment à même d’aborder un sujet d’actualité aussi brûlant. Mais l’intérêt de sa démarche ici est d’y injecter ses obsessions à elle. On se souvient de Point Break, ce polar survolté dans le monde du surf, avec leurs personnages en recherche permanente d’adrénaline. Démineurs creuse le même sillon : son propos n’est jamais de porter un regard politique, mais de faire le portrait d’hommes qui ont besoin de flirter avec le danger, pour se sentir vivre plus intensément, la dépendance au risque qui en découle. C’est principalement le cas du personnage principal, le sergent William James : en lui se cache un drogué de la guerre, batailler pour sa vie lui procure des sensations si intenses que la réadaptation au quotidien et à sa marche tranquille devient impossible. Le film nous montre ainsi les montées de cette drogue : la brutale décharge d’hormones que procure le désamorçage d’une bombe, sachant que le moindre faux geste peut expédier droit dans la tombe en mille morceaux. Il nous montre aussi les descentes : le prix à payer de cette addiction, qu’il soit physique, psychologique ou relationnel.

Cela fait de Démineurs une oeuvre profondément honnête. Si les films sur la guerre font régulièrement semblant de la dénoncer pour mieux en réalité en faire un spectacle, ici l’excitation de la violence, les émotions qu’elle peut procurer, est au cœur même de la thématique.

Démineurs n’est sans doute pas irréprochable. Le sentiment d’urgence procuré par sa brillantissime mise en scène se serait exprimé à plein potentiel si le film avait été un peu plus resserré (il dure plus de deux heures), et équilibré : dommage à cet effet de ne faire éclater l’angoisse et la détresse de ces combattants qu’à la fin, là où d’autres moments chargés d’une même émotion, mieux disséminés, auraient permis une meilleure respiration - et évité quelques baisses de régime, causés par une action trop sans cesse soutenue, une énergie qu’on aimerait par moments voir se poser pour recharger les batteries.

Mais il est difficile de nier qu’il s’agit un film riche, sans doute très intéressant à revoir pour mieux examiner la manière qu’a chaque personnage de gérer (ou de ne pas gérer) justement ce rapport à l’adrénaline. Et l’on peut se réjouir que les oscars aient su récompenser ici un film vraiment subversif sur la nature humaine, son attirance contradictoire vers ce qui peut la détruire.

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Auteur : Ilan Malka

Journaliste et chroniqueur Le Mouv' @ Radio France

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2 avis lumineux

Aide psychol 

Le film est super. Allez le voir de toute urgence.

Armoire fort 

Ce film est très réaliste, il démontre le danger des armes.
Peu d'amateurs d'armes savent par exemple qu'il est obligatoire d'avoir une armoire forte pour armes fixée au sol pour sécuriser les fusils et les cartouches.

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