Thierry Maricourt n'emploie pas ce titre au hasard car c'est bien de cela dont il s'agit. Avoir du courage, ce courage qui va au delà de la volonté, cette force qu'il faut aller chercher loin très loin au plus profond de ses entrailles. Cet organe central de la circulation sanguine, devenu poitrine, puis thorax, comme dans l'expression « avoir mal au coeur » lorsque l'on a envie de rendre.

Furetière dit au sujet de l'expression le coeur au ventre que le ventre est cette concavité où est situé le coeur. En ce sens on dit que celui à qui l'on ôte ce qu'il aime, c'est lui arracher le coeur au ventre. Quant à celui que l'on a découragé: on lui a remis le coeur au ventre. Le coeur de Scaliger nous fait remarquer qu'il se prend quelquefois pour l'estomac ce qui donne des forces au cœur. Ce dernier bondit, reste figé, souffre, est soulevé, revient, se réveille puis défaille. Cela pourrait être en ce sens que Thierry Maricourt a remit le coeur au ventre à son héroïne.

Alors elle court, dans une écriture rapide formée de phrases courtes, saccadée, presque haletante dans une vie qui ne laisse pas de place à un autre rythme que celui de la virgule et du point de suspension...

Par l'évolution du langage, nous sommes passés de "Mettre du coeur au ventre" (encourager) à "Avoir du coeur au ventre" (être courageux) mais la notion de fierté et de courage reste semblable d'une expression à l'autre: il faut toujours se dépasser pour ne pas être défaillant.

Thierry Maricourt nous parle d'elle, de cette fille qui boit pour monter l'escalier de sa vie et oublier un moment la peur qui la tue.