Attendez-vous à apprendre tous les aléas du métier de reporter dans ces pages. Le regard de Jean-Pierre Farkas sur sa vocation, le journalisme, est lucide, ludique, et parfois lumineux. Jamais cruel mais souvent ironique. Après quarante ans de service à écouter, enregistrer, voir et refaire le monde, il nous livre ici quelques souvenirs de baroudeur et tente de faire la lumière sur les mythes du métier, bien mal compris par le grand public qui ne se réfère habituellement qu'aux clichés du genre. En toile de fond de ces anecdotes, la guerre d'Algérie. Incompréhensible mais pourtant bien réelle dans son atrocité, les nombreuses références au conflit, entremêlées de citations diverses, de clins d'œil aux confrères, risquent d'éloigner un peu les jeunes générations de reporter auquel l'auteur semble pourtant s'adresser.

Mais bien au delà du simple manuel, ce livre ressemble aussi et surtout à un recueil de confidences, où le lecteur s'entend chuchoter les aspects les plus méconnus du milieu. Ces aspects ce sont entre autres la pige, les galères, les essais, mais aussi les rencontres les plus inimaginables comme les défaites les plus injustes. Ce que Farkas semble vouloir nous montrer, c'est la complexité de sa passion, assombrie par une pointe de ressentiment envers les journalistes qui sommeillent quand d'autres dans le monde sont menacés par la censure, les pressions et la mort. Quand à l'intriguant Romo Goldèche, vous le connaissez sans doute sans le savoir, sans vraiment y avoir jamais prêté attention. Une faute pas bien grave, à dissiper en quelques pages à la lecture du livre que voilà. On vous aura prévenus : à travers ces lignes, attendez-vous à apprendre.

Romo Goldèche : Vieux mythe et grands secrets du journalisme