image Poils & Capitons

Féminin poilu

Un nouveau webzine (oui) qui se veut furieusement femme, mais avec du poil aux jambes. Oui : un concept osé qui prend le contre-pied de la niaiserie ambiante colportée à grand coup de Photoshop par les magazines féminins habituels ... Un concept anti normatif, loin des images consensuelles de la femme blindée de fric et de glamour formaté. Une nouvelle idée de la féminité furieusement décomplexée à cliquer sur PoilsEtCapitons.fr ! :)

Interview de la team @ PoilsEtCapitons.fr !

Dans un moment de concertation intense avec sa rédaction en intégrale, la camarade influenceuse Marion Meyer a bien voulu répondre à mes questions à propos de ce nouveau medium de la féminosphère ...

D'où vient l'idée de ce féminin singulier ?

Tout bêtement, je commençais à voir passer un peu partout sur la blogosphère et sur Twitter des réactions outrées à certains articles de la presse féminine papier et en ligne, alors je me suis dit qu’il y avait certainement une façon de parler des choses qui intéressent une partie des femmes, mais sans pour autant tomber dans l’injonction et la norme : être mince, belle, avenante, dotée d’un fort pouvoir d’achat. Pour tout te dire, on n’est pas un féminin singulier, on est un féminin pluriel. On va s’efforcer de parler aux femmes, dans toute la pluralité et la diversité de la féminité d’aujourd’hui.

La presse féminine c'est la frustration au service de la consommation ?

La réponse ne serait-elle pas dans la question ? Plus sérieusement, je n’ai jamais cru au principe qui dit que si un magazine nous dit de consommer ceci, on va se ruer sur ceci. C’est un peu subtil que ça ! D’ailleurs les gens ne sont pas non plus totalement dénués d’esprit critique, on sait en général très bien que quand un magazine nous parle d’une crème ou d’une marque, il y a de fortes chances qu’on en retrouve les pages de pub un peu plus loin, c’est le jeu, tout le monde doit aussi se financer. Le problème n’étant pas tellement la consommation mais la façon de la présenter.

Sur Poils&Capitons on va sans doute être amenées à parler de marques, de mode, de chiffons et de pots de crème, mais on va s’efforcer de rester dans une sphère accessible et abordable. Quand un magazine féminin me propose une paire de chaussures à 400 euros, je ne pourrais jamais me les payer, mais si je trouve le style joli, comme je dois bien porter des chaussures de temps en temps, je suis pas non plus totalement contre le fait qu’on me présente la version que je peux me payer.

La liberté éditoriale en mode girly, c'est une nouvelle émancipation pour les femmes ?

Si l’émancipation féminine doit se faire par le « girly », on est quand même mal barrées, les mags féminins font du « girly » depuis des années, et je suis pas sûre que ça contribue beaucoup à l’égalité hommes-femmes.

Plus simplement, Internet nous donne l’opportunité de dire ce qu’on a envie de dire sur un sujet qui nous touche, on va pas se gêner pour la saisir. Si les médias qui te concernent ne te conviennent pas, créé ton propre média. Cela peut s’appliquer à tout le monde.

Les normes intégrées dont vous parlez, ça commence par les poupées des petites filles et le mythe du prince charmant ?

Ah… les normes. Elles se cachent partout, et effectivement, commencent dès l’enfance, quand on apprend aux petits garçons à jouer aux voitures et aux petites filles à jouer à la cuisinière, ce sont d’ailleurs des principes de sociologie assez « basiques » et connus.

Vous faites des petites conférences de rédac pour proposer des thémas ?

On essaie de se réunir régulièrement, on définit d’un thème à venir et chacun propose ses idées articles. Si vraiment on est pas tous disponibles pour se déplacer, on fait des conf en webcam avec Google +. C’est beau la modernité.

Je n'ai plus entendu employer le mot "webzine" depuis fin 2001 ... pourquoi ce choix ?

C’est mon côté vieille France… En vrai, on n’est pas un blog collaboratif, car on essaie de faire autre chose que se baser sur nos personnes – on le fait déjà sur nos propres blogs - on a une ligne éditoriale, des thématiques, des rendez-vous. On est un magazine, et donc sur le web : un webzine.

Est-ce à dire qu'une version papier serait l'ultime rêve ?

Ce serait penser encore bien loin, on va déjà voir si on tient sur le long terme !

Un de vos prochains gros dossiers en exclu ?

Dans les cartons pour dans quelques semaines, un spécial mode, mais de la mode pour toutes ! Histoire de pas mettre une ronde en couverture une fois par an, se dire « ça c’est fait » et remettre la semaine d’après une exception statistique qu’on ne rencontre jamais nulle part.

Attention : cet article a été publié il y a 5 ans !