Bien plus que la fabrication de meubles en kit facétieux, la Suède a désormais un nouveau concept édifiant à proposer au vaste monde : le Kopimistsamfundet ou plus sobrement francisé le Kopimisme ; un mouvement religieux d'obédience numérique. Découvert au détour de saines lectures chez le camarade Sam Ganegie ce concept un brin fumeux m'a tout de suite intrigué. C'est un étudiant en philosophie du nom de Isak Gerson qui a fondé cette nouvelle théologie qui prône le partage. Dès le mois de décembre 2010, il réclame sans sourciller la reconnaissance de son mouvement en tant qu'Église : ce sera fait par le gouvernement suédois dès la fin décembre 2011. Désormais le Kopimisme est une religion reconnue à part entière. Son dogme principal tient en un principe simple : l'information est sacrée ... et donc son partage libre et sans entraves l'est tout autant ! Les optimistes Kopimistes adeptes de ce nouveau culte prônent donc le partage et la copie d'information à tous les niveaux comme des actes sacrés : le copier/coller et la combinaison correspondante CTRL+C et CTRL+V au clavier sont donc devenus des symboles forts de cette religion !

Histoire de mettre un peu de mythe fondateur dans cette tambouille aux allures de blague potache, le Dieu égyptien Thot a été convoqué pour faire office de référence. Ce sont les deux Églises Kopimistes d'Australie et de Nouvelle-Zélande qui en ont décidé ainsi le 7 février dernier, sacrant ainsi un personnage déjà connu comme dieu de l'écriture et du savoir dans la mythologie classique. La doctrine qu'ils promulguent ainsi cherche actuellement à trouver son public, chose qui sera comme de bien entendu véhiculée par les réseaux sociaux via les valeurs même de nombreux internautes désormais ultra connectés à ces notions de partage total. Beaucoup voient d'ailleurs dans la naissance de ce nouveau culte une manœuvre habile du Pirat Ung qui n'est autre que le déjà fameux parti pirate suédois.

Il est amusant de constater ainsi, dans un monde qui cherche à opposer les spiritualités comme des inadéquations parfaites, la naissance d'un nouveau courant de pensée. Ou plutôt : de l'encadrement d'une pensée déjà existante par le biais de symboles en tous genre et du ralliement à une cause. La frontière avec le monde politique est ici bien mince, tant les enjeux ont un impact réel dans notre quotidien de consommateurs numériques : l'éternel opposition des industries culturelles et des pratiques individuelles revient au devant de la scène.

Et vous, allez-vous rejoindre les kopimistes dans leur quête d'une information sans limites ?