Un petit coup de gueule à propos des tas de billets que je lis ici ou là sur la vilaine pieuvre tentaculaire qu'est Facebook qui serait une atteinte à la vie privée de milliards de gens. Je résume et j'exagère, sinon c'est pas drôle. Bref, ma pensée va à contresens de ce lever de boucliers qui me fait bien marrer. Tout bonnement parce que je suis inscrit sur Facebook, et que vous n'apprendrez rien sur moi d'intime en m'ayant comme ami. Ma vie privée est pour ainsi dire ... privée. Et je trouve que c'est là la folie des gens qui ont l'air tout d'un coup de vouloir absolument étaler tout ce qui est compromettant ou super intime sur eux, leur identité profonde avec ses hauts et ses bas. Pourquoi donc ?

Ma conception du web remonte à ce qu'on pourrait appeler en riant, les "autoroutes de l'information". Dedans il y a information, on en est plus là c'est certain, on est maintenant dans l'ère de l'ultra anecdotique. Mais passons. Pour moi Internet est comme un espace public. Il a une mémoire et surtout on y est pris pour ce qu'on y montre. Ma grand-mère me résumait ça très bien quand j'étais enfant : "on est reçu comme on se présente". Alors voilà, la question est de savoir si ça vous viendrait à l'esprit, dans la rue, dans une gare, au supermarché, de montrer des photos de votre dernière beuverie au premier venu ?

La réponse est non, probablement. Ou alors je vous conseille de consulter. Et pourtant sur les réseaux sociaux, la plupart des gens s'inscrivent sans lire les conditions générales, ils cliquent vite fait sur "oui j'ai bien lu et je suis d'accord". Ensuite ils sont les premiers à gueuler pour leur soi-disant vie privée qu'ils ont confié à une société privée. C'est un peu dans le même esprit que ceux qui confondent Internet et Google. Ou ceux encore qui pensent que le référencement a des Lois avec des pénalités légales réelles ... Bref du n'importe quoi.

Alors vous allez me dire, Facebook change ses règles de confidentialité. C'est vrai mais ça fait partie du contrat. Quand vous signez un contrat (le fameux clic où personne ne lit les conditions d'utilisation), vous êtes tenu de vous informer de ses évolutions. Vous avez aussi parfaitement le droit de supprimer votre compte de Facebook. Et cela peu de gens veulent franchir le pas, tout en continuant à gueuler. Pour dire les choses abruptement : ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Le truc c'est que Facebook n'est pas à eux. Les sites sur le web et leurs services ne sont pas des droits inaliénables. Ils ne sont pas inscrits dans la Constitution. Ils font comme ils veulent chez eux et ont juste le génie de rendre captifs des gens. Il y a deux géants qui ont des foules immenses hypnotisables à souhait : Google et Facebook.

Pour en revenir à la vie privée, il faut se poser la question du partage. On parle beaucoup du partage comme un usage majeur du web. Soit partager ses photos de vacances, montrer qu'on a des amis, des liens à faire passer, des idées (à travers les groupes) et que sais-je encore. Toutes les choses que vous pourriez partager ... autour d'un verre avec des amis. Vous savez, des gens. Ceux qui ne vous font pas lire des conditions d'utilisation de 15 pages avant de vous serrer la main. Ceux que vous pouvez regarder dans les yeux. Ceux qui vont morfler si un jour ils trahissent votre intimité que vous leur avez confié.