Les vocalises qui les portent, c'est Carole Cottel, la transmission émotionnelle de ces univers intimistes que tisse Art Vida. L'étiquette à coller, du bout des ongles, sur cet ensemble aux allures d'orchestre solaire, ce serait « Musique des Suds ». Avec l'Espagne des ramblas et ses musardises de cocagnes ou d'ombres claires, avec l'art de vivre et un petit sens de la fiesta poussé par un brin de gouaille, avec une fière et savante maîtrise instrumentale.

Les instruments, c'est Marc à la guitare sèche, flirtant manouche, Aurélien à la clarinette, fermant les yeux, Régis aux percussions, roulant les airs. Tout a commencé par les traverses de rencontres, en septembre 2002, sur les portées de partitions déjà bien accomplies. Et la naissance d'une musique en osmose, une même énergie, les mêmes envies. Une musique que Carole, pupilles d'eaux méditerranéennes, veut « accessible sans être simpliste ». Cherchant toujours à faire partager les sonorités de tous les horizons, courant les Orients ou les attirances pointues. « Pour Aurélien, la clarinette dans la musique grecque, c'est son truc » confie-t-elle.

Et puis la voix, la voix de ces yeux clairs là, c'est aussi une couleur. Une voix qu'elle s'est découverte pour la travailler il y a deux ans. Elle se veut chaude et intime, avec un grain tout spécial. « C'est pas Césaria Evora non plus, hein », mais juste une nodule, nodule sur une corde vocale, « soit tu l'enlèves, soit tu la gardes » qui lui donne un timbre grave et pointu à la fois, alternant les voix cassées et chantées, les moments où ça vibre à faire trembler les astres ou à faire frémir le silence.

Beaucoup d'autres envies de partages pour les horizons où se lèvent leurs soleils, les bagages culturels bien remplis toujours prêts à se poser en d'innombrables escales. « Inchallah, comme diraient certains ».

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